Premiers retours de lecture....

Premiers retours de lecture....

Stéphanie DESTREE & François Xavier TORRE

Bon : dire que j'ai adoré serait un peu réducteur, c'est pourtant le cas... j'ai directement commencé par le texte, sans lire le descriptif des personnages, ni le résumé. J'ai plongé à deux pieds dès les premières lignes, je suis quelqu'un de très visuel et quand j'arrive à voir (imaginer) ce que je lis, c'est gagné... bref, dès les premières lignes, je me suis retrouvée plus de 50 ans en arrière, dans un bon polar des années 60, sombre, brumeux... les personnages les plus typés sont le doc et l'inspecteur, mais c'est normal finalement... je me suis plue dans cet univers d'une famille bling bling mais bourrée de secrets, non-dits... J'ai été un peu déstabilisée par le chaperon rouge, mais au fil de la lecture, ce personnage m'est apparu plus clair et en même temps plus sombre, c'est difficile à expliquer en fait… Au final, cette pièce n'est pas ordinaire et quel plaisir ce doit être de la jouer !

Stéphanie Destrée - Comédienne amateur.
( Mariembourg, Namur, Belgique)
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Salut Wilfrid

J’ai donc lu ta dernière pièce « le diable… probablement ».

L’auteur de scénarios qu’il m’arrive d’être parfois te tire son chapeau.

Par contre, l’auteur de pièces reste sceptique au dit projet. Pas simple à mettre en scène les tableaux et changements de décors. Trop technique et j’ai même trouvé que « tu te compliquais l’existence » dans certains cas…

En l’état –à mon humble avis- seules les Cies Pros qui ont le budget technique pourraient la monter. Pour les amateurs j’ai beaucoup de mal à croire que c’est possible. Mais bon, qui peut savoir… Certaines cies peuvent trouver les bonnes idées pour compenser le coût de décors.

En dehors de ce point, le traitement est bien, même si perso j’aurai laissé le rythme de certaines scènes aller jusqu’à leur tension dramatique, sans coupure de scènes intermédiaires (qui casse trop le rythme justement, même si je peux comprendre que l’objectif c’est la respiration d’une scène pour un nouveau souffle).

L’allégorie du conte. Effet de miroir pour ma part. Au départ ça m’a fait penser aux « Cœurs » du théâtre classique qui résumaient l’acte précédent, ou annonçaient l’acte suivant, ou encore une étape supérieure à l’enjeu dramatique… Et puis au bout du compte, ce n’est plus le conte l’allégorie au thriller, mais l’inverse. Bien joué !

François Xavier Torre -Auteur-


mardi 28 novembre 2017

EXTRAITS



 
ACTE 1 Scène 1 : Salle d’interrogatoire
(Viktor Vesely, l’inspecteur Clive Russel en voix off)
Viktor Vesely est assis. Ses mains sont menottées à la table de la salle d’interrogatoire. Il est torse nu, sans chaussures et porte une couverture sur les épaules. Il semble en état de choc.
Un panneau avec une vitre se trouve derrière lui.
Il s’exprime avec un accent des pays de l’Est. L’inspecteur sera uniquement en voix off pour cette scène.

Viktor : Ce n’est pas moi qui l’ai tué. C’est l’autre.

Un temps. Il regarde fixement face public.

Inspecteur Russel : Qui est l’autre ?
Viktor : Je ne peux pas vous le dire.
Inspecteur Russel : Pourquoi ?
Viktor : Parce qu’elle ne veut pas
 Inspecteur Russel : Qui ça elle ?

Silence.

Viktor : Connaissez-vous l’histoire du Chaperon rouge ?

Silence.

Inspecteur Russel : A trois heures quarante du matin la nuit dernière. Le personnel de service a entendu des bruits de lutte et a retrouvé le corps de Miss Elizabeth Pfeiffer. Assassinée dans la chambre de son hôtel particulier en plein cœur de la Nouvelle-Orléans
Viktor : Ce n’est pas moi qui l’ai tué. C’est l’autre.
Inspecteur Russel : La majordome vous a retrouvé dans la rue en bas du même hôtel. Inanimé, complètement nu et couvert de sang. Ce n’était pas le vôtre et j’attends les résultats du labo mais je suis certain que c’est celui de Miss Pfeiffer.
Viktor : Je ne me souviens pas de cette nuit.
Inspecteur Russel : Vous l’avez tué.
Viktor : Je n’ai pas pu la tuer.
Inspecteur Russel : Pourquoi ?
Viktor : Je l’aimais.

Un temps.

Inspecteur Russel : Vous allez finir sur la chaise électrique, Vesely. Je vous le promets.

Noir.
Rideau.


Une jeune femme avec une capeline rouge et une robe blanche entre dans la salle au niveau du public, elle porte un petit panier avec une serviette couvrant son dessus. Son visage reste caché sous la capuche.

Diane
Il était une fois une petite fille du village, la plus jolie qu’on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le petit chaperon rouge. (Un temps puis de manière ironique) Vous croyez vraiment connaitre ce conte ?

Elle se déplace au milieu de la salle vers la scène mais s’arrête au bord.

Diane
La petite fille était orpheline…et n’avait jamais connu sa mère. Mais sa Mère-Grand adoptive  en était folle, folle au point d’en être malade…Pour qu’elle aille mieux, elle devait lui apporter une galette et un petit pot de beurre régulièrement…plus quelques plats créoles dont elle raffolait…après tout nous étions à la Nouvelle Orléans.

Elle émet un petit rire puis sort par la scène.



ACTE 1 Scène 2 : Couloir du poste de police
(Le Dr Toby Bones, l’inspecteur Clive Russel, Viktor Vesely)

L’inspecteur Russel est installé devant la vitre. Tout en observant Vesely, il allume une cigarette. Un petit homme en imperméable et portant une serviette en vieux cuir arrive de fond de scène, trempé par la pluie. Il ne tarde pas à rencontrer l’inspecteur.
Dr Bones : Ah ! Inspecteur Clive Russel, je suppose.
Inspecteur Russel : Tout juste.
Dr Bones : Docteur Toby Bones. Vous m’avez fait appeler il y a une heure.

Ils se serrent la main.

Inspecteur Russel : Content que vous ayez pu venir malgré cet orage. Et les journalistes dehors.
Dr Bones : Orage qui semble vouloir tourner à la tempête. Les journalistes se sont pour la plupart mis à l’abri.
Inspecteur Russel : Désolé pour l’heure tardive. On vous a expliqué de ce dont il s’agit ?
Dr Bones : Oui, oui…mais je ne vois pas en quoi je vais pouvoir vous… (Son regard tombe sur Vesely derrière la vitre) Mon Dieu…alors c’est lui ?
Inspecteur Russel : C’est lui.

Un temps. Le Docteur Bones se débarrasse de sa serviette et de son imperméable qu’il pose sur la chaise.

Dr Bones : Je suis surpris. La presse parle de pratiques vaudous et…enfin, il ne correspond pas au genre de personnes qui…
Inspecteur Russel : La presse raconte n’importe quoi.
Dr Bones : Ah ….
Inspecteur Russel : Cet enfoiré a … décapité Miss Pfeiffer.

Un temps.

Dr Bones : Décapitée…Mon Dieu…
Inspecteur Russel : Dieu n’était pas avec elle ce soir là et cela n’a rien à voir avec ces conneries de vaudou.
Dr Bones : Inspecteur ... Qu’est-ce que vous attendez de moi ?
Inspecteur Russel : Y’a un truc qui ne tourne pas rond. Je ne sais pas ce que c’est et ça me tape sur les nerfs.
Dr Bones : Quoi donc ?
Inspecteur Russel : Dites-moi d’abord ce que vous savez sur Miss Pfeiffer…
Dr Bones : Hé bien, elle était connue à la Nouvelle-Orléans. Riche héritière de plusieurs hôtels, une grande plantation de coton au nord de Bâton-rouge et des soirées mondaines des plus réussies dans son propre hôtel résidentiel, situé dans le Quartier Français.
Inspecteur Russel : Vous y avez été convié vous aussi ?
Dr Bones : Quelques-unes… trois peut-être quatre. Toute personne qui a un niveau social élevé à la Nouvelle-Orléans y a été invitée au moins une fois.
Inspecteur Russel : Je ne vous y ai jamais croisé. (Le Docteur Bones semble surpris, l’inspecteur a un petit sourire) Toute personne qui a un niveau social élevé y a été invitée au moins une fois…Parlez-moi de l’autre Miss Pfeiffer.
Dr Bones : Sa fille ?
Inspecteur Russel : Oui. Vous avez été son psychiatre, n’est-ce pas ?
Dr Bones : Oui mais…Le secret professionnel, vous savez…
Inspecteur Russel : Ne venez pas me faire chier avec ça, Docteur.
Dr Bones : Pardon ?
Inspecteur Russel : J’ai un cadavre sans tête sur les bras. Et sa fille Diane est l’unique héritière d’une grosse fortune. J’ai besoin de savoir si elle aurait pu être liée de près ou de loin à son meurtre.
Dr Bones : Cette enfant ? Non, non…elle était perturbée mais…
Inspecteur Russel : Mais ?
Dr Bones : C’est sa fille adoptive.
Inspecteur Russel : Oui, je le sais. Elle l’a adopté il y a 10 ans à Memphis, peu de temps après la mort de Madame Gabrielle Pfeiffer, je connais leur histoire par cœur, mais la fille, cette gamine est une énigme pour moi.
Dr Bones : Elle a soudain perdu pied. Elle s’est mise à en vouloir à sa mère. Elle racontait des choses innommables, fantasques et délirantes.
Inspecteur Russel : Comme quoi ?
Dr Bones : Je ne peux rien vous dire de plus, Inspecteur. Si vous connaissez si bien l’histoire de leur famille, vous savez qu’il y a de quoi déraisonner. C’est à croire que le sort s’est acharné sur eux. Mais elle ne peut pas l’avoir tuée. Pas de cette façon, je vous l’assure. (Un temps) Où est-elle d’ailleurs ? Elle sait pour sa mère, je suppose ?
Inspecteur Russel : Oui. Elle jouait au théâtre cette nuit-là mais son chauffeur l’a ramené à leur propriété à Bâton-Rouge.

L’inspecteur tire sur sa cigarette en observant Vesely.

Inspecteur Russel : Il dit que ce n’est pas lui.
Dr Bones : Ce pourrait être le cas ?
Inspecteur Russel : Non. Je sais que c’est lui. Le personnel  de la famille Pfeiffer, je les connais toutes et tous. Elizabeth les a toujours traités avec beaucoup d’égard.  C’est forcément lui mais il a un souci. Comme un traumatisme ou un dédoublement de personnalité. J’aimerais votre avis.
Dr Bones : Ça risque d’être difficile d’ici.
Inspecteur Russel : Je vais retourner le voir d’ici peu. Vous allez m’accompagner.

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